Les 10 questions les plus fréquement posées Vous arrêtez-vous la nuit pour dormir? Que faire contre le mal de mer? Les pirates existent-ils encore? Faut-il avoir des armes à bord? Combien de temps pouvez vous tenir sans faire le plein d'eau et de provisions? Comment faites-vous pour conserver les produits frais? Que faites-vous quand vous êtes malades? Qu'utilisez-vous pour générer votre énergie électrique? Combien coûte la vie à bord d'un bateau? Vous arrêtez-vous souvent dans les marinas? -------------------------------------------------------------------------------- Vous arrêtez-vous la nuit pour dormir? D'abord il faut savoir que nous naviguons environ 30% du temps. La plupart du temps, nous sommes à l'ancre (dans les mouillages) pour visiter les pays, les îles, rencontrer les gens, nous occuper de l'entretien du bateau, du réapprovisionnement (eau, nourriture, gazole), ... Nous dormons quasiment toutes les nuits dans une crique, une anse, une baie. Hormis lors des grandes distances, nous naviguons la journée en faisant du cabotage (de baie en baie). Notre but n'étant pas de parcourir le plus grand nombre de milles nautiques mais bien de rencontrer des gens et découvrir des lieux différents. Bien entendu, il nous arrive de faire des traversées de plus de 24 heures ; la plus grande nav devrait être entre Le Cap Vert et Les Antilles (environ 15-20 jours). Ces nuits-là, nous ne nous arrêtons pas. Sous pilote automatique et radar le bateau continue sa route. Cela ne nous permet pas pour autant de passer des nuits confortables à dormir sans interruption. Nous nous relayons toutes les 3 heures. Nous faisons ce qu'on appelle des quarts. C'est une période de veille de l'horizon pour prévenir une éventuelle collision avec d'autres bateaux. Nous ne pouvons nous arrêter...Il serait de toute façon impossible de jeter l'ancre car le plus souvent nous avons trop de profondeur sous le bateau. Pour information il est indispensable de mouiller 3 à 4 fois la hauteur d'eau au minimum. Par exemple avec 6 mètres de profondeur, nous jetons de 18 à 24 mètres de de ligne de mouillage soit pour 600 mètres de fond...bref impossible ! -------------------------------------------------------------------------------- Que faire contre le mal de mer? Une chose est certaine, le mal de mer disparaît souvent avec l'habitude. Le froid, la fatigue et l'appréhension sont des facteurs déterminants pour le mal de mer. On a souvent vu des personnes souffrant du mal de mer en Mer du Nord et ne pas avoir le mal de mer du tout lorsque le soleil brille et que la température frise les 28 degrés. Pour celles et ceux qui en souffrent malgré tout, les moyens d'y échapper sont nombreux. Il suffit de trouver celui qui vous convient le mieux, que ce soit les bracelets aimantés, l' homéopathie, les patchs... -------------------------------------------------------------------------------- Les pirates existent-ils encore? La réponse est oui dans le monde ! La motivation des pirates est la même que celle des car-jackers. Se procurer de l'argent vite sans trop de risques. Les pirates ont écumé et écument encore certaines mers comme la mer de Chine, le long de la côte Somalienne, le détroit de Malacca, au large de la Colombie, aux Philippines, sur le continent vénézuélien... Au large de la Colombie par exemple, les bateaux sont arraisonnés, les passagers jetés par dessus bord et le bateau est alors utilisé pour le transport de drogue vers les Etats-Unis. Il est coulé ensuite pour éviter tout repérage possible. En plus des pirates locaux (pêcheurs reconvertis), des pirates (d'origine somalienne pensent-on) écument le détroit de Bab-El-Mandeb près d'Aden depuis début 2000. Ils ont trouvé de nouvelles pratiques lucratives : prendre les passagers des bateaux en otage et réclamer une rançon aux familles… Il y a aussi la piraterie à grande échelle. De grosses vedettes rapides et bien armées s'attaquent aux cargos, le vole et livre la marchandise déjà vendue avant pour la plupart du temps. En effet, certaines sociétés connaissant le chargement, la date de départ et le trajet du bateau engagent des mercenaires ou des pirates pour s'emparer et détourner le navire. L'équipage est alors jeté à la mer avec ou sans embarcation suivant l'humeur de leurs agresseurs. Nous échangeons énormément sur des forums ou les pontons sur les coins à éviter. Il faut ensuite éviter ces zones "à risques" et partir en flotille pour être plus fort. En Atlantique, les risques sont tout de même minimes. Heureusement, les histoires dramatiques sont rares et il est plus que probable que nous soyons plus en sécurité sur le bateau que les "terriens" en voiture sur l'autoroute pendant un week-end de Pâques. -------------------------------------------------------------------------------- Faut-il avoir des armes à bord? Les avis sont partagés. Nous avons une petite théorie bien à nous. S'il sagit d'un ou deux rôdeurs non armés, on utilisera un pistolet d'alarme ou une fusée de détresse pour les dissuader. Par contre si l'on voit se rapprocher un bateau avec plusieurs personnes armées, il va de soi qu'il vaut mieux se montrer coopératif. Avec un peu de chance ils nous laisseront tranquilles après avoir allégé le bateau de son contenu. Et la vie n'a pas de prix! Avoir des armes à feu à bord nous oblige à les déclarer aux douanes de chacun des pays. Certains pays les gardent en lieu sûr et nous les récupèrons le jour de notre départ de ce pays. Malheureusement, le bureau de douane est souvent à l'opposé de l'endroit où l'on compte quitter ce pays, ce qui nous oblige à regagner ce bureau de douane. -------------------------------------------------------------------------------- Combien de temps pouvez vous tenir sans faire le plein d'eau et de provisions? Pour l'eau, nous avons deux réservoirs d'une capacité de 360 litres et 100 litres en reservoir souple + bouteilles eau potable . A quatre, sans se priver de douches (mais sans en abuser), nous espérons tenir un mois. On trouve de l'eau pratiquement partout, si bien que nous n'aurons jamais de soucis pour faire le plein d'eau potable. Nous avavons également fabriqué un petit système pour récupérer l'eau de pluie (fabrication maison !!) et remplir nos réservoirs. Les provisions, nous les prévoyons en fonction des possibilités de réapprovisionnement au fur et à mesure de notre trajet. Par exemple, nous allons stocker pour plus de 1.000 dollars de provisions au départ des canaries. Pourquoi? Parce que les vivres, y compris les boîtes de conserve n'y sont pas chères. Le prix des vivres conditionnent le stock que nous faisons, surtout en ce qui concerne les boîtes de conserve, le riz, les pâtes, la farine, etc… Et puis il y a la pêche, une ressource inépuisable à notre niveau. -------------------------------------------------------------------------------- Comment faites-vous pour conserver les produits frais? On trouve des marchés partout dans le monde et dans certains pays des marchants flottants via les boat boys dans de nombreuses îles. Nous avons aussi un frigo à bord et nous avons même des glaçons pour l'apéro. Pas d'inquiétudes donc pour nos passagers. Nous nous sommes également lancés dans les plats stérilisés, dans la viande et le poisson séchés. On y pratique souvent le troc : une casquette pour 3 papayes, un vieux T-shirt pour 4 noix de cocos, 3 hameçons pour 2 kilos d'oranges, etc…également à prévoir des paquets de cigarettes... Chacun y trouve son compte. -------------------------------------------------------------------------------- Que faites-vous quand vous êtes malades? On est bien équipé à bord. Nous avons une pharmacie très complète qui va de l'antibiotique à large spectre aux pansements les plus courants. Il y a aussi la possibilité de contacter d'autres bateaux et de faire le relais vers une assistance médicale à terre en cas de réelle nécessité (Hôpital de toulouse en France via l'iridium) Sinon, les aventuriers du Tour du Monde ont toujours de bons tuyaux. Saviez-vous que 90 % de la population mondiale n'est pas couverte pas la sécurité sociale? Nous faisons donc partie de la majorité. Notre meilleur médicament, c'est d'être sur le bateau à la tombée du jour. La brise nous protège déjà énormément des moustiques sinon nous utilisons des moustiquaires. Le secret, est de vivre une vie saine, où l'on prend par définition, un minimum de risques. Et pour les gros pépins imprévus nous improviserons. Ce serait bien de la malchance d'être loin de toute assistance possible à ce moment là. -------------------------------------------------------------------------------- Qu'utilisez-vous pour générer votre énergie électrique? Si l'électronique utilisée pour la navigation consomme très peu de courant, il n'en n'est pas de même pour le frigo, les pompes (douches et eau courante), l'éclairage et surtout la pompe hydraulique du pilote automatique. Le courant lui a l'avantage de pouvoir être généré à bord par différents moyens : panneaux solaires, alternateur sur le moteur, alternateur sur l'arbre d'hélice (qui tourne lorsqu'on navigue à la voile), éolienne ou encore groupe électrogène. Le tout est d'adapter ces ressources à ses besoins et à son type de navigation. Il faut du vent pour faire tourner l'éolienne ou faire avancer le bateau qui fera tourner l'alternateur d'arbre d'hélice, du soleil pour les panneaux solaires. Nous avons opté pour 2 panneaux solaires (meilleur rendement) de 130 watts chacun qui permettent d'alimenter 2 batteries de 100 ampères chacune et l'alternateur de notre moteur de 54cv (80 ampères/h)... Au fil du temps nous devrons adapter nos ressources à nos besoins et éviter de tomber en panne de courant. Nous avons installé en tête de mat une petite merveille ; une OPTOLAMP qui remplace tous nos feux de route par des leds 10 fois moins consommatrices d'énergie et d'une durée de vie exceptionnellement longue. -------------------------------------------------------------------------------- Combien coûte la vie à bord d'un bateau? La vie à bord coûte relativement chère en Europe mais on peut aisémment réduire le budget consacré aux approvisionnements en faisant attention. Pour deux raisons: les marchés locaux (et ambulants, par pirogue) pratiquent des prix tout à fait raisonnables et, surtout parce que le troc est de mise dans les pays les plus démunis. Tout le monde y trouve son compte et la négociation en soi est déjà toute une histoire. Par contre aux Antilles le budget de l'alimentation est le même qu'en France. N'oublions pas aussi que nous laissons une ligne à la traîne lors de nos traversées pour nous fournir en poisson frais préparés d'abord en sushis puis en poisson grillé et pourquoi pas avec des pâtes. Ce qui est couteux est l'entretien du bateau. Un voilier coûte le prix d'une maison et s'use comme une voiture. Le simple fait d'être dans le milieu de la plaisance augmente déjà les prix. Les matériaux utilisés doivent être de première qualité pour résister à la mer, au sel et au soleil. Le coût dépend de la taille bateau et augmente exponentiellement par rapport à sa taille. Un bateau de plus de 13 tonnes exigera un pilote automatique de haut de gamme d'un budget d'environ 5000 euros alors qu'un pilote pour un bateau de moins de 10 mètres reviendra à 2000 euros. Un bateau récent demandera moins d'entretien ou de remplacement des voiles par exemple, qu'un voilier de 15 ans d'âge. -------------------------------------------------------------------------------- Vous arrêtez-vous souvent dans les marinas? Non, là encore, dès que l'on quitte l'europe, tout change. Nous limitons les marinas au maximum. Matali devrait être à l'ancre 80% de son temps et notre annexe (+moteur) nous sert de moyen de locomotion. Les avantages sont multiples: pas de frais de marina (souvent excessifs), pas de voisin immédiat et pas de soucis de voir un passant monter sur le bateau en plein nuit.
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